COMMENT PRENDRE SOIN DE TON INTIMITE
Table des matières
- INTRODUCTION
- COMMENT FONCTIONNE NOTRE INTIMITE ?
- LE MICROBIOTE : UN ÉCOSYSTÈME PUISSANT MAIS FRAGILE
- LES FACTEURS INFLUENÇANT LA SANTE DE NOTRE INTIMITE
- COMMENT PRENDRE SOIN DE TON INTIMITÉ DANS LE QUOTIDIEN ?
- MYCOSES, VAGINOSES, PROBLEMES DE PEAU,… QUAND NOTRE INTIMITE VA MAL
- SYNTHESE
- LES NOTES DE JEENNA
INTRODUCTION
Aujourd’hui, parlons de la façon dont nous pouvons prendre soin de notre intimité. Ce que j’appelle “intimité” regroupe notre vulve, de notre vagin, nos pertes vaginales et notre microbiote. Généralement, lorsque j’évoque ce sujet, j’entends souvent ceci : “Le microbiote, pff, qu’est-ce que c’est ? Hein, il y a des bactéries dans mon vagin ? Les pertes vaginales ? Ah non, vraiment moi, je n’aime pas ça du tout et c’est tellement désagréable, surtout cette sensation d’être mouillée ! Mais dis-moi, c’est normal ça ?“
As-tu déjà eu ce type de réflexion ? Tu veux savoir comment prendre soin de ta vulve et de ton vagin en toute simplicité, sans danger ? Ou alors, tu souhaites savoir si les pertes vaginales que tu as actuellement sont normales ? Tu es au bon endroit. Je m’appelle Jeenna et aujourd’hui, je t’embarque avec moi, à la découverte du monde fascinant de la vulve et du vagin. C’est parti !
COMMENT FONCTIONNE NOTRE INTIMITE ?
Pour savoir comment prendre soin de ton intimité, il est important de comprendre comment elle fonctionne. Ainsi, il nous faut revenir à la base ! Pour cela, je te propose quelques petits rappels anatomiques sur notre intimité. Commençons par la vulve.
LA VULVE
La vulve désigne la partie externe du sexe féminin, celle qui est visible dans un miroir lorsque tu poses ce dernier entre tes jambes. Tu retrouveras d’avant en arrière le mont de Vénus, le clitoris, les grandes lèvres et l’anus. En écartant les grandes lèvres (ou lèvres externes), tu observeras les petites lèvres (ou lèvres internes) et le vestibule qui lui-même contient le méat urinaire, l’entrée du vagin, les glandes de Skene et les glandes de Bartholin.
L’aspect de notre vulve évolue tout au long de notre vie et est différente d’une femme à l’autre. Il existe plusieurs morphologies, autant de morphologies que de femmes sur terre. Cette vulve a plusieurs fonctions dont celle de protéger nos organes génitaux des infections. Pour cela, il existe tout un réseau de glandes assurant sa lubrification, ce qui limite les frictions et participe au maintien du microbiote. La vulve est recouverte de poils qui la protègent et assure le transport des lactobacilles. Les lactobacilles sont les germes qui contribuent à la bonne santé de notre vulve et de notre vagin. Je t’explique tout ceci dans quelques instants :). Notre vulve a une odeur particulière qui est propre à chaque femme. Cette odeur évolue en fonction des périodes de la vie. Elle joue un rôle dans l’excitation sexuelle de notre partenaire.
À présent, parlons du vagin.
LE VAGIN
Le vagin est un conduit élastique musculaire d’environ dix à douze centimètres de longueur qui relie le vestibule à l’utérus, permettant ainsi aux spermatozoïdes d’atteindre l’ovocyte pour qu’il y ait une grossesse. Il peut s’étirer lors des rapports sexuels afin de s’adapter à la taille du pénis. Contrairement à ce que l’on observe dans les livres de biologie, le vagin est une cavité virtuelle, c’est-à-dire que les parois vaginales sont accolées l’une à l’autre. En bref, notre vagin n’est pas un tuyau.
La vulve et le vagin ne sont pas stériles. Bien au contraire, ils sont peuplés de nombreux germes qui forment ce qu’on appelle le microbiote.
LE MICROBIOTE : UN ÉCOSYSTÈME PUISSANT MAIS FRAGILE
QU’EST CE QUE LE “MICROBIOTE”
Le microbiote, c’est un écosystème fascinant, à la fois puissant et fragile. Selon les auteurs, il désigne “la communauté de micro-organismes qui colonise un organe ou un système”. Je grossis un peu le trait, mais nous ne sommes pas très loin. Imagine plusieurs familles de micro-organismes qui, dans des proportions différentes, cohabitent les unes avec les autres. Chacune a une fonction bien spécifique et ensemble, elles créent des conditions locales particulières nécessaires au bon fonctionnement de nos organes. C’est le cas de notre vagin et de notre vulve. Parmi ces familles de micro-organismes, nous retrouvons les fameux lactobacilles. Ils représentent environ 80 à 95 % de notre flore vaginale et vulvaire. Ils proviennent du tube digestif et sont transportés par les poils de l’anus vers la vulve et le vagin.
LES LACTOBACILLES : DES AGENTS QUI PRENNENT SOIN DE NOTRE INTIMITE ?
Ces lactobacilles assurent plusieurs fonctions. Ils maintiennent le pH acide du vagin en produisant de l’acide lactique et de l’eau oxygénée. Oui, tu as bien lu, de l’eau oxygénée ! Cette acidité empêche le développement de la plupart des germes.
Aussi, les lactobacilles produisent un biofilm hydrolipidique qui recouvre la vulve et le vagin, ce qui renforce la protection contre les germes, empêchant ces derniers de s’y fixer. Si ces germes parviennent à passer cette barrière, d’autres lactobacilles plus spécifiques, tels des agents spécialisés, empêchent leur multiplication et les détruisent. Le biofilm hydrolipidique participe également au confort vulvaire ; je m’explique. Pour que la peau fragile de notre vulve soit souple, il est important qu’elle soit hydratée et surtout qu’elle conserve son hydratation. C’est là que ce biofilm intervient en retenant l’eau. Pour résumer, les lactobacilles sont de précieux alliés santé pour notre intimité. Il existe d’autres micro-organismes qui composent nos flores vulvaire et vaginale, comme des champignons, des bactéries et des virus qui, présents en faible quantité, sont inoffensifs.
Pour prendre soin de notre intimité, il est important d’identifier les facteurs ce qui peut influencer la qualité de notre microbiote. Passons-les en revue.
LES FACTEURS INFLUENÇANT LA SANTE DE NOTRE INTIMITE
Tout d’abord, parlons des facteurs internes. Ces facteurs sont en lien direct avec notre organisme, nous ne les commandons pas.
LES FACTEURS INTERNES
LA MISE EN PLACE DE NOTRE MICROBIOTE
Notre microbiote vaginal évolue tout au long de notre vie de femme du fait de nos hormones. Il se met en place au cours de la grossesse lorsque nous sommes fœtus. Puis lors de l’accouchement, nous sommes ensemencées, ou si tu préfères, colonisées, par les micro-organismes présents dans le vagin, l’anus et sur la peau de notre mère. Enfin, le reste des micro-organismes provient du lait maternel.
Durant l’enfance, la composition du microbiote vulvaire est similaire au microbiote présent au niveau de l’anus et de la peau. Puis survient la puberté. Sous l’effet des œstrogènes, la vulve se modifie. La paroi vaginale se transforme et fournit le glycogène, le sucre, nécessaire aux lactobacilles. Ces derniers viennent coloniser le vagin. Toujours sous l’effet des œstrogènes, le col de l’utérus secrète un mucus, qui assure l’élimination des débris et concourt au nettoyage du vagin. Comme tu peux le constater, notre vagin possède son propre système autonettoyant ! Cela est à l’origine des fameuses pertes vaginales, ou leucorrhées en terme scientifique.
À l’âge adulte, d’autres micro-organismes viennent s’ajouter aux lactobacilles pour assurer la bonne santé du vagin. À la ménopause, la sécrétion œstrogènes s’arrête, ce qui diminue le nombre de lactobacilles.
Alors, tu me diras, oui, c’est bien beau de me faire la rétrospective de la mise en place du microbiote, mais en quoi cela m’aidera à prendre soin de mon intimité ?

Eh bien tout simplement, savoir comment se met en place notre microbiote permet de mieux comprendre les désagréments intimes dont nous pouvons souffrir tout au long de notre vie.
LA CAUSE DE CERTAINS PROBLEMES INTIMES
L’ADOLESCENCE
La jeune fille qui se plaint de démangeaisons peut avoir une irritation ou une vaginite, mais très rarement des mycoses, car il y a très peu d’œstrogènes. Une femme, à l’approche de ses menstruations, peut avoir des désagréments, voire une mycose, qui se résolvent spontanément une fois les menstruations passées. Cela s’explique en partie par la chute des œstrogènes qui survient en fin de cycle. Aussi, le sang des menstruations peut augmenter le pH et donc provoquer un petit déséquilibre momentané.
LA GROSSESSE
Une femme enceinte a un taux d’œstrogènes élevé, ce qui permet aux lactobacilles d’être nombreux et de maintenir un pH acide au niveau du vagin. Cela protège de la plupart des infections, sauf des mycoses. Le Candida, le germe responsable de la mycose, se développe très bien dans cet environnement acide et la baisse de l’immunité au cours de la grossesse concourt à l’apparition de mycoses parfois récurrentes.
LE POST PARTUM
Une femme venant d’accoucher peut aussi connaître quelques désagréments avec tous les bouleversements hormonaux survenant après l’accouchement. Le mécanisme est toujours le même : chute des œstrogènes, diminution des lactobacilles, un pH moins acide et moins de lubrification. Cela peut engendrer de la sécheresse, des irritations, un déséquilibre au niveau des flores vaginale et vulvaire et quelques infections. Mais tout cela se résout spontanément durant les semaines qui suivent l’accouchement.
LA MENOPAUSE
Enfin, une femme ménopausée peut se plaindre de sécheresse vaginale, car par manque d’œstrogènes, les glandes secrètent moins de fluides, ce qui diminue la lubrification.
Comme tu peux le constater, tout changement hormonal influence la composition du microbiote et donc la santé de notre vulve et de notre vagin. Il existe également d’autres facteurs, mais cette fois-ci, externes qui peuvent influencer la qualité de notre microbiote.
LES FACTEURS EXTERNES INFLUENCANT NOTRE INTIMITE
Parmi les facteurs externes, nous retrouvons la maladie, notre hygiène et nos habitudes de vie, les rapports sexuels et les contraceptifs. Détaillons-les !
LA MALADIE
Lorsque nous sommes malades, nous pouvons utiliser des antibiotiques afin de nous traiter. Ces antibiotiques éradiquent les germes responsables de la maladie, c’est qui est une bonne chose. Cependant, ils éliminent aussi les micro-organismes qui composent notre microbiote. C’est pourquoi certaines femmes développent des mycoses ou des vaginoses suite à la prise d’antibiotiques. Le diabète également favorise l’apparition d’infections, car le pH est globalement moins acide. De même, toutes les maladies ou les traitements qui engendrent une baisse de l’immunité exposent à davantage d’infections.
NOTRE HYGIENE ET NOS HABITUDES DE VIE
LES PRODUITS POUR L’HYGIENE INTIME
Souvent par méconnaissance, mais aussi par volonté de bien faire, nous adoptons des gestes quotidiens qui peuvent s’avérer nocifs pour la santé de notre vagin et de notre vulve. Comme mentionné précédemment, notre vagin possède son propre système autonettoyant, lui permettant de se débarrasser des cellules mortes, de se protéger des infections et d’être lubrifié. La vulve également possède son propre système de protection via le biofilm hydrolipidique qui assure son hydratation. Ainsi, l’utilisation de produits d’hygiène tels que les savons, les gels douches, les désodorisants, les muscs, les antiseptiques est déconseillée. Il en est de même pour certaines pratiques comme les douches vaginales, soit le fait de nettoyer à l’intérieur du vagin, à l’aide du doigt ou du pommeau de douche. Cela détruit le biofilm hydrolipidique de la vulve, diminue la présence des lactobacilles et augmente le pH, ce qui favorise la survenue d’infection.
L’EPILATION
Parlons des poils, ces fameux poils que beaucoup de femmes trouvent disgracieux ! Tu sais, la nature ne fait jamais rien pour rien. Les poils au niveau de notre intimité assurent plusieurs fonctions : ils limitent les frictions et les frottements de nos sous-vêtements avec la vulve, assurent le transport des lactobacilles de l’anus vers le vagin et la vulve et participent au maintien du biofilm hydrolipidique qui protège notre vulve. Ainsi, l’épilation intégrale est déconseillée, car non seulement elle assèche la peau, mais aussi, elle fragilise nos muqueuses. Eh oui, prendre soin de son intimité rime avec poils réhabilités !
LES LINGETTES ET LES PROTECTIONS
Qu’en est-il des lingettes parfumées, des protège-slips, des tampons, des serviettes et autres dispositifs portés en dehors des règles ? Ces dispositifs assèchent en absorbant les sécrétions vaginales et le biofilm hydrolipidique. Ils irritent, voire créent des allergies par leurs composants et diminuent la lubrification. Ils altèrent la qualité des microbiotes vulvaire et vaginal en réduisant le nombre de lactobacilles. Nous en revenons toujours au même point, nous sommes davantage exposées aux infections.
LES SUBSTANCES ADDICTIVES
Quid de la consommation de substances actives ? Le tabac et le cannabis réduisent la sécrétion d’œstrogènes ainsi que le nombre de lactobacilles, ce qui augmente le pH, propice au développement des germes.
LE STRESS
Parlons du stress chronique, un grand mal de notre société ! Il maintient un taux de cortisol élevé dans notre corps, ce qui à long terme affaiblit nos défenses immunitaires. Qui dit moins de défenses immunitaires dit potentiellement plus d’infection !
LES RAPPORTS SEXUELS
Lors de rapports sexuels avec un nouveau partenaire, notre flore est en contact avec la sienne, ce qui peut déséquilibrer la nôtre durant quelque temps. De même, le sperme, qui a un pH moins acide que celui de notre vagin, peut momentanément modifier notre microbiote. La plupart du temps, cela passe inaperçu. Mais parfois, cela peut se manifester par des démangeaisons, une irritation, des pertes vaginales malodorantes ou pâteuses, etc. Enfin, lors de rapports, il peut y avoir des frictions ou des frottements, généralement atténués par les fluides sécrétés par notre vagin, mais aussi par les glandes de Skene et de Bartholin. Un manque de lubrification peut donc fragiliser la peau de notre vulve et la muqueuse vaginale et ainsi provoquer des irritations, une dysbiose, c’est-à-dire un déséquilibre de la flore ou des infections.
LES CONTRACEPTIFS
Enfin, parlons des contraceptifs. Les hormones de synthèse présentes dans les contraceptifs hormonaux tels que la pilule, l’implant ou le DIU (dispositif intra-utérin) hormonal peuvent modifier la composition du microbiote en diminuant la quantité de lactobacilles et donc engendrer une dysbiose, voire une infection.

À présent, tu comprends mieux comment tout ce petit écosystème fonctionne et ce qui peut l’affecter. Mais en définitive, comment prendre soin de notre intimité dans le quotidien ? C’est ce que je te propose de découvrir dans la partie suivante.
COMMENT PRENDRE SOIN DE TON INTIMITÉ DANS LE QUOTIDIEN ?
LES PRODUITS D’HYGIENE POUR TON INTIMIE
Contrairement à ce que beaucoup d’entre nous pensent, prendre soin de notre intimité est très simple. Il n’y a pas besoin d’avoir une “intimity care” avec trente-six étapes à faire tous les jours pour avoir une intimité en bonne santé. D’autant plus qu’à présent, tu sais comment fonctionne ton intimité et tu sais ce qui peut l’influencer positivement ou négativement. Ainsi, en adoptant de bons gestes, tu viens soutenir tout cet écosystème en potentialisant la fonction de chacun de ses acteurs.
Alors, pour prendre soin de ton intimité, tu n’as pas besoin de dix mille produits, simplement de l’eau, rien que de l’eau. Tu nettoies à l’extérieur de ton intimité, c’est-à-dire la vulve et non pas à l’intérieur, au niveau du vagin, sinon gare aux infections. Pour plus d’explications, je t’invite à revenir en arrière dans la partie qui traite des facteurs influençant le microbiote.
COMMENT T’ESSUIES-TU ?
Aussi, fais bien attention à la façon dont tu t’essuies ; je m’explique. Lorsque tu vas aux toilettes, prends bien le soin d’essuyer ton intimité d’avant en arrière et non pas d’arrière en avant. Pourquoi ? Lorsque tu t’essuies d’arrière en avant, tu ramènes tous les germes du tube digestif vers le vagin et l’urètre (le conduit par lequel s’écoulent les urines). Certes, il y a des lactobacilles, mais il y a aussi tout un tas de germes qui n’ont rien à faire dans le vagin ni dans l’urètre. Cela peut causer des infections.
L’EPILATION
Pour ce qui est des poils, tu peux très bien faire une épilation du maillot, mais il est important que tu conserves les poils présents sur la vulve pour les raisons évoquées précédemment. Pour rappel, les poils atténuent les frictions et les irritations au niveau de la vulve. Ils assurent également le transport des lactobacilles. Pour cela, tu peux couper les poils assez courts à l’aide d’une petite paire de ciseaux.
PRENDS SOIN DE GARDER TON INTIMITE AU SEC
Si tu es sportive, il est important qu’après ces séances, tu portes des sous-vêtements secs afin de t’éviter tout un tas de désagréments au niveau de ton intimité. Cela est aussi valable si tu pratiques la natation ou si tu réalises des séances de sauna, de hammam ou de jacuzzi.
LES PROTECTIONS LORS DES MENSTRUATIONS
En ce qui concerne les menstruations, beaucoup d’entre nous sont irritées au niveau de la vulve après quelques jours de port de serviettes hygiéniques. C’est pourquoi il est important que tu veilles à la composition de ces serviettes, en privilégiant toutes celles qui n’ont pas de revêtements plastiques ni de parfums. Aussi, il est important de les changer régulièrement, toutes les quatre à six heures. Si le port de serviettes hygiéniques te gêne, tu peux toujours opter pour une culotte menstruelle, une coupe menstruelle et même réaliser le flux instinctif.
LES RAPPORTS SEXUELS
Lors des rapports, il est très important que tu sois lubrifiée. Premièrement pour ton confort, deuxièmement, t’éviter des douleurs pendant, voire après les rapports. Pour cela, mise sur les préliminaires. Cela permettra de te mettre en condition et surtout d’envoyer un message à ton cerveau, disant que tous les voyants sont verts et que tu peux te détendre, tu peux te laisser aller. Les différents mécanismes de lubrification pourront se mettre en place de façon optimale. Mais parfois, il peut aussi arriver que cette lubrification soit insuffisante. Dans ce cas, n’hésite pas à utiliser des lubrifiants si possible aqueux ou silicone.
ALLONS UN PEU PLUS LOIN
Prendre soin de ton intimité inclut d’autres paramètres tout aussi importants.
ADOPTER DE BONNES HABITUDES
Je souhaiterais attirer ton attention sur plusieurs points, notamment celui-ci : l’apprentissage. En effet, il est très important d’apprendre, et ce, dès le plus jeune âge, les bons gestes et de sensibiliser toutes les jeunes filles de notre entourage sur l’importance d’aller aux toilettes fréquemment. Certaines peuvent se retenir toute une journée, ce qui est très mauvais pour le fonctionnement de la vessie et engendre des infections. De même, il est important d’expliquer à toutes les adolescentes de notre entourage les changements qui surviennent à la puberté et surtout de leur parler des pertes vaginales. Il est important de leur dire que ce n’est pas sale, que c’est normal, afin que cette thématique ne soit plus un tabou et éviter que ces dernières aient des pratiques dangereuses.
PRENDRE SOIN DE TA SANTE MENTALE CONTRIBUE A LA BONNE SANTE DE TON INTIMITE
Aussi, il est important que nous prenions le temps de discuter de santé mentale avec les jeunes filles et les femmes de notre entourage. Prenons le cas du stress.
Il est normal de connaître des périodes de stress au cours de la vie, notamment lorsque nous devons passer un examen ou que nous devons organiser un mariage. Le stress, dans une moindre mesure, peut avoir quelque chose de positif dans le sens où il nous pousse à passer à l’action.
Par contre, le stress chronique, celui qui dure des semaines, voire des mois, est quant à lui délétère. Il épuise notre organisme et diminue nos défenses immunitaires. De ce fait, autorisons-nous à prendre du temps pour nous. Réalisons des choses, des activités qui nous font du bien et qui nous ressourcent. Prendre soin de nous, nous accorder du temps, ce n’est pas être égoïstes, loin de là. C’est une preuve d’amour vis-à-vis de nous-même et c’est aussi prendre soin de notre santé. Tu sais, la santé, c’est une histoire de balance. Quand ça penche trop d’un côté ou de l’autre, ce n’est jamais bon.
Je te vois venir. Tu vas me dire, ok, Jeenna, j’ai compris. Si je mets en place toutes ces petites choses, que j’adopte les bons gestes, normalement, je ne devrais pas avoir d’infection. Mais je fais comment si c’est déjà-là ?
MYCOSES, VAGINOSES, PROBLEMES DE PEAU,… QUAND NOTRE INTIMITE VA MAL
Comment faire la distinction entre un simple déséquilibre de la flore, une infection ou des problèmes de peau ? Tout simplement en t’observant. Tu sais, « démangeaisons » ne rime pas forcément avec « mycose ». Cette observation est très importante. Elle permet de recueillir de nombreuses informations dont le professionnel de santé que tu consulteras se servira afin de savoir de quoi tu souffres.
QUELS SONT TES SYMPTOMES ?
Parmi ces informations, on retrouve notamment la description des leucorrhées, soit des pertes vaginales. Quelles sont leur aspect, leur couleur, leur odeur, leur abondance ? Il est aussi question de savoir s’il y a des signes associés comme la douleur. Si oui, où est-elle localisée ? Est-ce au niveau du pubis, de la vulve, du vagin, du ventre ou du dos ?
Quel est l’aspect de la peau ? Est-elle est rouge parce qu’elle est irritée ? Semble-t-elle épaissie, blanchie ?
Y a-t-il des boutons, ce qu’on appelle une éruption cutanée ? Ou bien la présence d’ulcération (cela ressemble à des aphtes) ? Y a-t-il des plaques rouges ? Et si oui, où sont-elles localisées ?
As-tu eu des saignements ? De la fièvre ?
As-tu eu des démangeaisons ou prurit en terme scientifique ? Si oui, où sont-elles localisées ?
De même, il est important de savoir dans quelle circonstance tous ces symptômes sont apparus.
DANS QUEL CONTEXTE SONT APPARUS CES SYMPTÔMES ?
Est-ce suite à un rapport sexuel, avec un nouveau partenaire ou avec un partenaire régulier ? Est-ce que ce dernier se plaint de quelque chose ?
Peut-être as-tu une sécheresse vaginale ?
As-tu été malade récemment et cela t’a conduit à utiliser des antibiotiques ?
Quel type de produit utilises-tu pour effectuer ta toilette intime ? À quelle fréquence ?
Comment nettoies-tu ton intimité ? Est-ce uniquement à l’extérieur, au niveau de la vulve ? Ou à l’intérieur du vagin ? Ou les deux ?
Comment essuies-tu ton intimité après la miction (le fait d’uriner) ou l’exonération (le fait d’aller à la selle) ? Est-ce d’avant en arrière ou bien d’arrière en avant ?
T’épiles-tu ? Si oui, comment ? Est-ce partiellement ou intégralement ?
Utilises-tu des protège-slips ou d’autres protections en dehors des règles ?
As-tu dernièrement vécu un événement traumatique comme un décès ou bien un changement de vie bouleversant ?
As-tu des antécédents médicaux particuliers qui t’exposent à certaines infections ? Cela peut être du diabète, des infections urinaires récurrentes, aussi le VIH ou d’autres pathologies qui engendrent une baisse de l’immunité.
As-tu déjà eu ce type de symptômes auparavant ?
Y a-t-il un lien entre ton cycle menstruel et l’apparition de ces symptômes ?
Enfin, à quelle période de ta vie es-tu ? Es-tu en pleine adolescence ? Enceinte ? As-tu accouché ou es-tu ménopausée ?
Je sais que cela fait beaucoup d’informations, mais comme je te le disais précédemment, ceci est très important pour que le professionnel de santé puisse te traiter de façon adéquate.
QUI CONSULTER ?
Ok, à présent que tu as toutes ces informations, il faut savoir vers qui te diriger.
Alors, si tu as des démangeaisons cutanées localisées au niveau du pubis, plus ou moins accompagnées de plaques rouges, avec la peau de la vulve épaissie ou blanchie et des leucorrhées normales, il est recommandé de consulter un dermatologue.
Par contre, si tu as des leucorrhées pâteuses comme du lait caillé, qui sont malodorantes à type de crevettes, avec un aspect bulleux ou mousseux, il est recommandé de te rapprocher d’un gynécologue ou d’une sage-femme. Il en est de même en cas de démangeaisons au niveau de la vulve ou du vagin, d’éruptions cutanées. Il peut également s’agir de brûlures mictionnelles (douleurs en urinant), de dyspareunies (douleurs lors des rapports) ou de douleurs pelviennes (des douleurs localisées au niveau du bas du ventre) éventuellement accompagnées de fièvre.
Enfin, si tes leucorrhées sont jaune pâle, laiteuses, blanches et qu’en période fertile, elles sont plus abondantes, filantes et transparentes et peu odorantes, autrement dit que lorsque tu sors de la douche, l’odeur ne te saute pas au nez, alors tout va bien.

SYNTHESE
Pour résumer, si tu devais retenir quelque chose de tout ce que je t’ai raconté, ce serait ceci : la nature est bien faite. Elle a mis en place tout un écosystème afin de prendre soin de notre intimité, de la maintenir en bonne santé et de la protéger. Tout ceci est possible grâce au microbiote avec le concours de nos hormones. Mais tout cet écosystème est fragile, car il peut être perturbé de multiples façons, et ce, très facilement.
En adoptant les bons gestes, tu viens soutenir l’action du microbiote et par extension, tu favorises ta santé. Comme disent les anglais, less is more. Pas besoin de dix mille produits. Pour ta vulve, utilise simplement de l’eau. Pour ton vagin, laisse-le tranquille, il possède son propre système autonettoyant à travers les leucorrhées.
Aussi, je voudrais que tu retiennes ceci. Avoir des pertes vaginales, c’est tout à fait normal. Ce n’est ni sale, ni dégoûtant. Ces pertes vaginales évoluent tout au long de notre cycle et de notre vie et nous apportent de précieuses informations quant à notre état de santé gynécologique.
LES NOTES DE JEENNA
J’espère qu’à l’issue de cette lecture, le monde fascinant du vagin et de la vulve n’a plus de secret pour toi. Certainement, il te faudra un peu de temps pour t’observer et comprendre comment fonctionne ton intimité. C’est tout à fait normal. Se connaître prend du temps. N’hésite pas à en discuter avec un professionnel de santé. N’hésite pas à le partager à tes proches. Si tu souhaites réagir sur ce sujet ou que tu as des questions ou des suggestions, je t’invite à le faire en commentaire. Je serai ravie de te lire. Pour ma part, je te donne rendez-vous ici même très bientôt pour en apprendre davantage sur ton corps et prendre soin de ta santé en toute simplicité. Et n’oublie pas, le savoir est un pouvoir. À très vite 😉 !
Suggestion de lecture :
Microbiote vaginal, la révolution rose, de Bohbot JM. et Étienne R. aux Editions Marabout.

